Appréhender le burn-out dans l’accompagnement du coaching

25 octobre 2021Par Anna Taï Morasso0

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel (ses manifestions, ses causes, les mesures de prévention et de prise en charge), est très bien décrit dans un document édité par le Ministère du Travail que vous trouverez ici : https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Exe_Burnout_21-05-2015_version_internet.pdf

Accompagner un client en état de burn-out dans un coaching est contre-indiqué. C’est un des préceptes qu’on nous inculque à l’école des coachs. Simple à appliquer non ? Dirigez votre client vers un cabinet de psychiatre, un psychothérapeute ou un psychologue du travail, nous apprend-on, votre rôle n’est pas de vous substituer à celui de ces spécialistes. Si dans la réalité, certaines manifestations sont évidentes à détecter, d’autres sont au contraire insidieuses et plus longues à percevoir. Le déni et/ou le désir ardent de s’en sortir, peuvent prendre des formes extraordinaires chez l’humain, au point que j’ai pu me trouver en face de clients chez qui rien n’augurait le choc de l’écroulement.

Dans une authentique réalité déformée, dans une forme de décentrage extrême, ou mus par je ne sais quelles forces, ces clients-là refoulent leur état et certains parviennent à une dissociation de la personnalité pour renier cette part d’eux-mêmes. D’autres résistent aux signes que leur mental et leur corps leur envoient, ils les pensent passagers, ils se persuadent qu’avec quelques efforts, de la patience et les prochaines vacances, les difficultés seront surmontées. Consulter un thérapeute n’est pas entré dans leurs mœurs, admettre une défaillance pourrait s’assimiler à un signe de faiblesse ou bien serait-ce la peur de se confronter à soi-même.

Dans le contexte du burn-out en coaching, le refus ou le déni de sa propre vulnérabilité équivaut pour le client à une fuite en avant. Le coaching ne peut lutter contre le burn-out, ce serait comme vouloir courir vite avec une jambe plâtrée. En tant qu’accompagnante, je vois ces aspirants au mieux être s’aligner sur la ligne de départ avec les meilleures intentions de s’en sortir, mais une fois les premiers mètres parcourus, ils ne parviennent plus à tenir la cadence et leur état se révèle. A ce stade, un accompagnement centré uniquement sur l’écoute et la reconnexion aux réalisations est le mieux que l’on puisse proposer pour aider son client à se servir de ses béquilles pour au moins se remettre en marche. Et une pause temporelle est parfois nécessaire pour laisser le temps au coaché de se soigner et se reprendre.

Lorsque j’entrevois un risque de burn-out, je propose le fameux test de Maslach qui donne de bons indicateurs. Il a le mérite d’être simple à renseigner, il est reconnu, et ne serait-ce que par la teneur de ses questions, il fait prendre conscience facilement aux coachés que ce qu’ils traversent n’est pas anodin, Je l’entoure au départ et à la restitution des résultat d’un discours pédagogique et préventif. 

Alors accompagner ou pas une personne en situation de burn-out ? Lorsqu’il est avéré ou exprimé au premier contact, non bien sûr, il est sage de laisser passer la tempête. Lorsque les signes ne surviennent qu’une fois l’accompagnement commencé, nous devons remplir notre rôle de sentinelle et sans jamais remplacer les psychologues, entendre et rassurer au moins, changer de casquette pour informer et expliquer. Et se montrer disponible, c’est sûr.  


Un conseil de lecture pour comprendre le système de l’entreprise, l’un des terreaux du burn-out : « Le capitalisme paradoxant » de Vincent de Gaulejac et Fabienne Hanique – Éditions du Seuil, 2015

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