Histoire de coaching

1 octobre 2021Par Jean Leloup0

Lors du déroulement d’un coaching, il n’est pas rare que les objectifs que nous déterminons avec notre client en début d’accompagnement évoluent fortement au cours du coaching, en fonction du cheminement du coaché ou bien lorsque des événements extérieurs viennent totalement remettre en cause le programme fixé au départ.

 

Ainsi, par exemple, l’accompagnement de Catherine, responsable d’un service au sein d’une grande entreprise, qui au moment de notre premier entretien, m’a d’abord parlé de son manque de confiance et de la difficulté qu’elle éprouvait à prendre son nouveau poste, étant habitée de ce sentiment permanent d’être illégitime. Pourtant, tout son parcours prouvait le contraire, elle n’avait cessé de progresser et de prendre des responsabilités tout en étant reconnue par sa hiérarchie et ses pairs. Elle venait d’être nommée dans une nouvelle fonction, elle avait des responsabilités importantes et pourtant ressentait un profond malaise en ayant le sentiment de devoir jouer le rôle d’expert d’un « métier dont elle ne connaissait rien ».

 

C’est donc sur cette base de manque de confiance et d’estime de soi et sur un profond besoin d’affirmation d’elle-même que nous avons construit les objectifs de son accompagnement.

 

Les premières séances nous ont permis d’avancer rapidement sur ce sentiment d’illégitimité. Elle a su s’en ouvrir à son responsable hiérarchique qui lui a confirmé le contraire et qui lui a renouvelé sa confiance. Petit à petit Catherine reprenait confiance…

 

Mais l’irruption de la crise du Covid 19 est venue bouleverser du jour au lendemain tout son environnement personnel et professionnel, et bousculer les éléments qu’elle commençait à mettre en place pour se sentir à l’aise dans ses nouvelles responsabilités.

 

En effet, dès le premier confinement, Catherine a fait partie des rares cadres de l’entreprise à continuer d’exercer. Mais ses conditions d’exercice ont été totalement perturbées.

Une organisation du travail en distanciel s’est mise en place dans l’urgence mais en absence totale de son équipe.

Son responsable hiérarchique restait théoriquement accessible mais en réalité n’était que très peu disponible.

Les fonctions support sensées soutenir la continuité des opérations étaient pratiquement inopérantes ou à l’arrêt.

De plus, à domicile, Catherine devait composer avec ces nouvelles contraintes professionnelles et la demande de ses jeunes enfants bloqués à la maison dont il fallait s’occuper et accompagner le travail scolaire.

 

Dans ces conditions, que restait-t-il des objectifs initiaux de notre coaching ?

Pas grand-chose en réalité.

 

L’environnement général dans lequel se trouvait Catherine avait tellement évolué que la demande initiale d’assertivité n’avait plus de sens.

Certes la question de la confiance en soi était toujours présente mais parler d’affirmation de soi et d’estime de soi dans ce nouveau contexte et avec un tel niveau de stress devenait une gageure.

 

Dès lors le coaching prit une toute autre tournure.

Pour Catherine il s’agissait d’arriver à faire face, de ne pas se déstabiliser, de rester lucide, sans se dévaloriser ni se mettre trop de pression dans un environnement où elle avait le sentiment d’être seule face à des problématiques qu’elle ne maitrisait pas.

 

Nous sommes entrés dans un profond travail de recadrage et de relativisation de sa situation professionnelle.

 

Quelle lecture avait-elle des relations avec sa hiérarchie ?

Quel était son rôle réel ?

Que lui demandait-on ? Jusqu’où devait-elle aller ? Qu’est-ce qu’il était raisonnable ou non d’assumer seule ?

Que pouvait-elle attendre et demander à sa hiérarchie ?

Sur quelles ressources pouvait-elle compter ?

Comment ne pas douter d’elle-même, reconnaitre sa valeur, prendre conscience de ce qu’elle assumait seule et de ce qu’elle arrivait à faire fonctionner dans un contexte tellement déstructuré.

 

Malgré tout ce questionnement et ces prises de conscience, la charge de travail qu’elle pensait devoir assumer la faisait lentement glisser vers un état de saturation et d’épuisement qui lui enlevait toute lucidité.

 

Nous sommes alors entrés dans des questions beaucoup plus intimes et personnelles.

Quelles étaient ses priorités ? A quoi servait une telle exigence vis-à-vis d’elle-même ?

Quelles valeurs personnelles voulait-elle défendre ?

Comment équilibrer son engagement professionnel et sa vie personnelle ?

 

C’est seulement à partir de là que Catherine à commencer à accepter de se détendre, de prendre le temps de respirer et de changer son regard sur ce qui lui était demandé et sur les conditions dans lesquelles elle se trouvait.

 

Au bilan de cet accompagnement, quels ont été les points les plus marquants pour Catherine ?

 

L’apprentissage d’une relativisation de ce que l’on attend d’elle.

La prise de conscience de la pression qu’elle se met elle-même du fait d’une lecture hyper exigeante des demandes.

Accepter d’être professionnelle et de ne pas savoir tout faire sans que cela génère une remise en cause de sa propre valeur.

Apprendre à respirer !

 

Au bout du compte, si l’estime et l’affirmation d’elle-même se sont grandement renforcées, un manque de confiance sourd est toujours présent et continue de consommer une trop grande partie de son énergie.

 

Elle aimerait maintenant travailler cela en profondeur.

 

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